Monsieur le Maire,
Nous nous croisons régulièrement depuis plusieurs années dans le cadre de nos fonctions et je connais votre profond attachement à la bande dessinée. Et il n'y a pas que vous. J'ai pu constater depuis mon arrivée dans la région en 1999, que la Ville de Gatineau a toujours fortement appuyé les initiatives autour du neuvième art. L'UQO est d'ailleurs la seule université à offrir une formation en bande dessinée et ce, depuis près de 20 ans. Et notre Rendez-vous de la bande dessinée prépare actuellement sa quinzième édition pour septembre prochain. Et j'ai toujours une très grande fierté en voyant la place qu'occupe la bande dessinée dans le réseau des bibliothèques de la ville.
En lisant Le Droit aujourd'hui, j'ai beaucoup apprécié votre réponse à la question «un livre qui a changé votre vie», question qui vous a été posée dans le cadre du lancement du festival Gatineau, Ville lecture. Vous avez répondu «les bandes dessinées». Cela ne m'étonne pas, et j'aurais répondu la même chose que vous. Bien sûr, moi, c'est mon métier ;-)
Par contre, j'ai sursauté en prenant connaissance du début de votre phrase : «Au risque de faire baisser ma crédibilité, j'ai répondu les bandes dessinées.» Et vous avez poursuivi en mentionnant : «C'est parfois vu comme une espèce d'art mineur, alors que c'est très souvent la porte d'entrée vers la lecture.».
Je vous rassure. Votre crédibilité n'en sera aucunement affectée. À part pour quelques iconophobes pour qui la bande dessinée demeure un domaine étrange et inconnu. Mais c'est justement en cessant de s'excuser de lire des bandes dessinées que des gens en position de pouvoir comme vous peuvent contribuer à éduquer les gens.
La reconnaissance de la bande dessinée a beaucoup évolué depuis les cinquante dernières années. Le combat n'est toujours pas entièrement gagné, mais nous constatons que du côté des intellectuels, la question de la légitimité est de moins en moins problématique. Le nombre d'essais, de mémoires et de thèses qui lui sont consacrées en témoigne. C'est près d'une cinquantaine de conférences sur la bande dessinée qui seront présentées à Toronto en mai lors de la Conférence annuelle de la Société canadienne pour l'étude de la bande dessinée qui regroupe des professeurs et doctorants d'universités de toutes les provinces canadiennes. La réputée revue Voix et images du département d'études littéraires de l'UQAM vient de publier son dernier numéro entièrement consacré à la bande dessinée québécoise. Le très grand succès de l'exposition Tintin au Musée de la civilisation de Québec témoigne également de la vivacité et de la reconnaissance du neuvième art. Ce ne sont là que quelques exemples récents.
Je vous invite donc à continuer à clamer votre amour de la bande dessinée, mais avec plus d'affirmation. Nous ne devrions pas avoir à rougir d'aimer le neuvième art.
Au plaisir de discuter de nos dernières lectures de bandes dessinées lors de notre prochaine rencontre.
Amicalement,
Sylvain Lemay
Professeur titulaire en bande dessinée
ÉMI/UQO
Ajout :
J'ai écrit ce texte suite à ma lecture de l'article publié dans Le Droit qui rapportait les propos du maire. Évidemment, le journaliste a dû couper. Le cabinet de maire m'a fait parvenir la citation complète que je reproduis ici :
« Au risque de faire baisser ma crédibilité, j’ai répondu les bandes dessinées. C’est parfois vu comme un espèce d’art mineur alors que c’est la porte d’entrée à la lecture … de beaux outils pour les jeunes et aujourd’hui la bande dessinée c’est extrêmement riche, c’est devenu un roman graphique avec une entrée dans la réalité d’un auteur »
J'aime mon maire.
Citations
«Il faut toujours faire confiance aux scénaristes qui lisent.» Alessandro Baricco. Une certaine vision du monde.
vendredi 27 avril 2018
mercredi 11 avril 2018
jeudi 5 avril 2018
Prix Marc-Olivier-Lavertu
Le Prix Marc-Olivier-Lavertu est décerné cette année à Jean-Sébastien Bérubé pour son livre Comment je ne suis pas devenu moine publié aux éditions Futuropolis.
Toutes mes félicitations au lauréat.
Une bourse de 250$ est rattachée à ce Prix.
Toutes mes félicitations au lauréat.
Une bourse de 250$ est rattachée à ce Prix.
jeudi 29 mars 2018
mercredi 7 mars 2018
En grève
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Être un professeur d'Université en grève, ce n'est
pas juste ne pas donner ses 6 heures de cours par semaine. J'ai des corrections
à terminer dans mes deux cours. Je dois préparer l'événement des finissants et
le jury de fin d'études pour le cours de Synthèse. J'ai deux étudiants de
maîtrise qui m'ont remis dernièrement une version complète de leurs mémoires.
Je dois évaluer les portfolios pour les demandes d'admission. Je siège sur 4
comités à l'émi et sur un comité de l'Uqo. Nous sommes en évaluation des
programmes. Je dois terminer mon bilan de l'année dernière et mes tâches de
l'année prochaine. Il y a la journée Étudiant d’un jour à préparer. Je dois
participer à une table ronde sur la recherche universitaire en bd au Canada lors
du colloque de la Society of Cinema and
media studies à Toronto en mars. Je dois écrire ma communication pour le
colloque de la SCEBD à Toronto en mai. Je travaille sur trois projets de
livres. Je travaille à l'organisation d'un groupe de recherche avec des
collègues d'Edmonton et de Régina. Je suis président des Rendez-vous de la bd
de Gatineau et je siège sur le conseil d'administration du Salon du livre de
l'Outaouais. Il y a le lancement de la revue étudiante Phylactère à la fin du
mois et on doit choisir le lauréat du Prix Marc-Olivier-Lavertu sur lequel les
étudiants travaillent depuis septembre. Et j’en oublie certainement.
Lundi prochain,
j’aimerais être à mon bureau pour travailler sur tous ces dossiers et non pas
dans la rue à faire du piquetage.
#UnArbitreUqo.
#UQO
lundi 22 janvier 2018
Prix Marc-Olivier-Lavertu 2018-Les finalistes
Les trois finalistes
du Prix Marc-Olivier-Lavertu 2018 sont maintenant connus.
Ces trois titres ont été
sélectionnés par un comité formé d’une dizaine d’étudiants et étudiantes en
bande dessinée.
Tous les étudiants
inscrits à un programme en bande dessinée à l’ÉMI peuvent maintenant voter pour
leur album préféré.
Ces albums sont parus
entre le premier septembre 2016 et le 31 août 2017.
Une bourse de 250$
sera remise au lauréat.
Le lauréat sera connu
au mois de mars.
Les finalistes, par ordre alphabétique d'auteur, sont :
Jean-Sébastien Bérubé pour Comment je ne suis pas devenu moine aux éditions Futuropolis ;
Yvon Roy pour Les petites victoires aux éditions Rue de Sévres ;
Anne Villeneuve pour Une longue canicule aux éditions Mécanique générale.
Bonne chance aux trois finalistes !
mardi 21 novembre 2017
La vieille dame qui lisait Hergé
Dans l'autobus ce matin, j'étais assis à l'arrière entouré d'une demi-douzaine d'adolescents qui avaient tous, à la main, leur téléphone et des écouteurs aux oreilles.
Au milieu d'eux se trouvait une dame dans la soixantaine, aux cheveux blancs et élégamment vêtue. Elle lisait un livre. Papier. Une brique. Sûrement une nouveauté. Un roman historique ou policier; un best-seller faisant partie du palmarès des ventes de Gaspard.
Elle a fermé son livre au moment même où je me levais pour sortir ce qui me permit de voir la couverture.
Elle lisait Hergé, fils de Tintin de Benoît Peeters.
Je suis descendu de l'autobus avec un large sourire.
Au milieu d'eux se trouvait une dame dans la soixantaine, aux cheveux blancs et élégamment vêtue. Elle lisait un livre. Papier. Une brique. Sûrement une nouveauté. Un roman historique ou policier; un best-seller faisant partie du palmarès des ventes de Gaspard.
Elle a fermé son livre au moment même où je me levais pour sortir ce qui me permit de voir la couverture.
Elle lisait Hergé, fils de Tintin de Benoît Peeters.
Je suis descendu de l'autobus avec un large sourire.
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