Citations

«Il faut toujours faire confiance aux scénaristes qui lisent.» Alessandro Baricco. Une certaine vision du monde.

mercredi 13 mai 2026

Lise Guèvremont (1948-1991)

Le mois dernier, j'ai profité d'une pratique de football d'Esteban à Montréal au complexe sportif Claude-Robillard pour aller visiter le collège André-Grasset. J'y ai fait mes études collégiales entre 1986 et 1989 et je n'y avais jamais remis les pieds.

J'ai eu un choc en constatant que la salle de thèâtre (où j'ai joué Tarzan dans des extraits de Zone de Marcel Dubé, mais ça c'est une autre histoire ;-) s'appelle maintenant la salle Lise-Guèvremont.




Lise m'a enseigné un cours de littérature lors de ma dernière session à l'hiver 1989. Un cours qui s'intitulait La bande dessinée. C'était la première fois que je suivais un tel cours sur un sujet qui me passionnait depuis que j'avais commencé à lire. L'année suivante, j'entrais à l'UQAM en études littéraires et je croisais les Yves Lacroix, Philippe Sohet, Catherine Saouter et André Carpentier, mais au Cégep, je prenais alors conscience que la bande dessinée pouvait s'enseigner dans les collèges et universités.

Nous avons terminé la session en organisant un colloque. Ma première organisation d'un événement lié au neuvième art. Lise avait invité Jacques Samson du collège Maisonneuve en tant que conférencier invité (keynote speaker). Une rencontre qui allait changer ma vie au fil des années. Jacques et moi sommes toujours amis près de 40 années plus tard.

Je n'ai jamais revu Lise après ce cours. J'ai gardé contact avec mes autres professeurs de Cégep (qui ont également joué un grand rôle dans mon parcours, mais ça c'est encore une autre histoire ;-). Ce sont eux, soit Stéphan Maillot ou Michel Trépanier, qui m'avaient fait part du décès de Lise, mais des années plus tard.

Le Cégep n'a presque pas changé. Sauf cette pancarte qui m'a ému et dont la lecture m'a fait comprendre que je ne connaissais pas vraiment connu son parcours quand j'ai eu la chance de l'avoir en tant que professeure. Je me reprends en partageant cela ici pour raviver sa mémoire et pour reconnaître son apport marquant dans ma vie professionnelle.

Merci Lise !




jeudi 13 novembre 2025

Des nouvelles de mon frère décédé

Addendum à Ce n'est pas la première fois que je meurs









jeudi 6 mars 2025

Les finalistes du Prix Marc-Olivier-Lavertu

 Il me fait plaisir d'annoncer aujourd'hui les 3 finalistes du Prix Marc-Olivier-Lavertu 2025. 

Les 3 livres ont été choisis par un comité formé d'étudiants et d'étudiantes inscrits à des programmes en bande dessinée à l'ÉdAC.

Les délibérations ont eu lieu ce matin.

Les livres devaient avoir été publiés entre septembre 2023 et août 2024.

Le lauréat ou la lauréate sera dévoilé(e) en avril.

Bravo et bonne chance !





jeudi 2 mai 2024

 Le répondeur (micro-nouvelle)


Bonjour mon amour !

Je te laisse un bref message pour te tenir au courant de ce qu'il se passe à la maison durant ton absence. J'ai profité d'y être seul pour te faire une surprise et installer les tablettes dans le corridor comme tu me le demandes depuis quelques jours. Ou quelques semaines. Tu dis toujours que je ne suis pas manuel et que ma maladresse t'effraie parfois, mais je pense que tu vas être très contente du résultat. Enfin, quand on pourra vraiment voir ce que ça donne. Pour le moment, il faut encore...

Oui, ok, j'arrive.

...Bon, je te rapelle plus tard quand les pompiers seront partis.

Bisou ! Et j'espère que tu te détends bien au spa. À plus !




mardi 16 mai 2023

François Guy (1947-2023)

Je viens d’apprendre le décès de François Guy. Je l’avais côtoyé dans les années 80. Il jouait au golf avec mon frère à L’Estérel. Je lui avais même servi de caddy pour un tournoi. Je me souviens d’une soirée à son chalet où il m’avait un peu parlé des Sinners et de La Révolution française tout en jouant quelques chansons à la guitare. Il a fallu que je l'achale pour qu'il accepte de jouer Québécois. Il me disait d'oublier les niaiseries du passé et d'écouter plutôt de la musique actuelle.

Je parle un peu de cette soirée dans Ce n'est pas la première fois que je meurs.

Vendredi dernier, pour une raison que j’ignore, j’ai regardé s’il y avait des disques de François sur Spotify. Il y avait son dernier. J’ai passé la journée à le découvrir. Cela faisait plusieurs années que je n’avais pas entendu sa voix. Je possède tous ces premiers disques, mais ils sont en vinyle et je n'ai plus de table tournante depuis très longtemps. Des années à ne plus penser à lui. Des années à ne plus l'écouter.

Et puis, je le redécouvre vendredi dernier.
Vendredi dernier, c’est la journée où il est décédé.

Je ne sais pas quoi en penser.

Mes condoléances à sa famille et à ses proches.

lundi 31 octobre 2022

Florilège de commentaires de lecteurs et lectrices.



Tout le long, j'ai baigné dans un mélange d'émotions... Rire, peine, surprise, empathie....Un livre qui amène à réfléchir. Vraiment Sylvain, j'ai beaucoup aimé. Bravo ! cTu as su me faire voyager dans ton monde. Et tu as fait en sorte que j'avais toujours hâte au prochain paragraphe. Nathalie Sauvé.

Je suis transporté : faits historiques reliés à l'époque du récit ; allusions littéraires, chansons ; et l'émotion de ce récit sur tellement de gammes. Benoît Cazabon (2).

Un récit émouvant que je recommande vivement. Denis Bachand.

Salut Sylvain ! (...) J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce témoignage qui me touche tout particulièrement. J'ai pleuré et j'ai souri. (...) J'aurais aimé pouvoir écrire un texte honnête et touchant comme le tien. Arthur Plaud.

Félicitations Sylvain ! Je l'ai ouvert ce matin pour la première fois et dès les premières pages, j'en avais les larmes aux yeux.  Luc Tousignant.

Très beau livre. En suis à la page 50 seulement. Ironie subtile, humour fin, allusions historiques avec recoupements de la vie personnelle très évocateurs. Style simple et dépouillé et néanmoins riche en évocations émotionnelles touchantes. Merci. Benoît Cazabon.

J'ai lu ton bouquin en fin de semaine et je suis impressionné. C'est touchant et l'écriture est parfaitement maîtrisée. Bravo ! Lionel Perrin.

Actuellement en train de lire, non de «dévorer» ton livre. Tellement bien écrit et bien décrit ce pan d'histoire. Félicitations, j'adore ! Louise Laplante.

Bonjour Sylvain. J'ai commencé ton livre hier, D'une portée universelle. Avant que 200 lecteurs te le rapportent aussi, je me dépêche de te dire à quel point nos parcours ont des points en commun, j'en ai été troublée.  (...) Te lire m'a fait cogner dans une caisse de résonance ! Et au-delà de ces similitudes, c'est très bine écrit. Félicitations !. Lynn Roy

C'est un livre très touchant. Carole Lemay.


mercredi 12 octobre 2022

RVBDG 19

Ce matin avait lieu la conférence de presse pour la dix-neuvième édition du Rendez-vous de la bande dessinée de Gatineau à la librairie et galerie d'art, Bouquinart.

L'événement aura lieu à la Maison du citoyen les 3 et 4 décembre prochain.

Le président d'honneur qui a réalisé l'affiche est Christian Quesnel.

Toute la programmation est ici.




Au plaisir de vous y croiser.

mardi 11 octobre 2022

mercredi 27 avril 2022

Invité au Balado Entre deux cases

  J'ai accordé une longue entrevue à Jean-Dominic Leduc pour son balado Entre deux cases. Ce n'est pas une entrevue sur Rouge avril, mais bien sur toute ma carrière. Comme quoi, c'est vrai que la retraite doit approcher ;-) Merci Jean-Dominic.


Entre deux cases, épisode 4.





mardi 19 avril 2022

Mon cv/bd pré-uqo

 Je relance mon blogue suite à une question que l'on m'a posée au Salon du livre de Québec. 

«Qu'est-ce que tu as fait en bd avant d'être engagé à l'université ?»

J'ai répondu : «Deux, trois petits trucs seulement.».

Puis, l'insomnie de la fin de session aidant, j'ai passé une bonne partie d'une nuit à revoir tout cela dans ma tête. 

Je me suis rendu compte que c'était plus que deux ou trois.

Et que j'allais bientôt fêter les 40 ans de ma première intervention en bd : une critique dans le fanzine de la Pensée imagée, une librairie qui nichait sur la rue Saint-Denis, près de la rue Rachel à deux coins d'une autre librairie où je passais pas mal de temps, adolescent, Fantasio.

Alors j'ai noté ça sur papier. Et je mets ça ici. Ça va peut-être rappeler certains souvenirs à quelques personnes ;-)








mardi 8 février 2022

Les finalistes du prix Marc-Olivier-Lavertu 2022

Un comité formé de quatre étudiants et étudiantes vient de choisir les finalistes pour cette année.

Il s'agit de livres publiés par un auteur québécois entre le premier septembre 2020 et le 30 août 2021.

D'ici les prochaines semaines, tous les étudiants inscrits à un programme en bande dessinée à l'ÉMI peuvent voter pour leur coup de coeur.

Le lauréat se méritera une bourse de 250$ financée par le collectif de bande dessinée des étudiants, Le Phylactère.

Pour mémoire, voici la liste des gagnants depuis la création du prix en 2007.




Bonne chance aux trois finalistes et bonne lecture à tous les étudiants et étudiantes !






jeudi 3 février 2022

En librairie le 22 février


 

Rouge avril est dédicacé à mon amie Caroline qui avait adoré Pour en finir avec novembre et qui attendait le suivant.


Malheureusement, nous avons pris trop de temps pour le terminer. 


Au moins son nom restera attaché à notre livre.


La vie passe vite.


lundi 8 mars 2021

Mon frère et quelques îles

À l'été 2019, à l'aide de mon téléphone, je faisais jouer en boucle la chanson I am a rock (I am an Island) de Simon and Garfunkel à mon frère. Couché et dormant dans son minuscule lit des soins palliatifs, mon frère était une île qui se préparait pour l'engloutissement final. Cette île allait bientôt disparaître ; c'était inéluctable.

Entre l'arrivée de mon frère en ce bas monde et ma propre venue, ma mère a donné naissance à deux filles avant de connaître la douleur répétée de perdre six bébés en fausses couches. 

En novembre 1963, pendant que l'on assassinait Kennedy, ma mère se trouvait à l'hôpital pour son avant-dernière grossesse. En même temps, au large de l'Islande naissait une île. Résultat d'une éruption volcanique sous-marine, l'île de Surtsey s'est formée entre le 10 novembre 1963 et le 5 juin 1967. C'est long, accoucher d'une île.

Bien que cette île ait émergée à l'intérieur des eaux islandaises, ce sont des Français qui ont posé le pied en premier sur le sol de Surtsey. Le 6 décembre 1963, trois journalistes de Paris-Match, après quelques difficultés, ont réussi à y accoster et à y planter un drapeau à l'effigie du journal. Cette appropriation par un journal étranger n'a pas plu aux Islandais qui ont réussi, par la suite, à faire reconnaître leur souveraineté sur ce caillou de 1,4 km carré.

Cette anecdote m'a toujours ramené vers l'album L'Étoile mystérieuse de Hergé. Dans cette aventure, Tintin réussit à prendre possession d'une nouvelle île formée par une météorite tombée dans l'océan Arctique. En chemin vers l'île, Tintin et son équipe de scientifiques effectuent un ravitaillement de leur navire dans le port de Reykjavik en Islande. L'étoile mystérieuse a été publiée en 1942.

Cet album du reporter belge est le premier Tintin que j'ai emprunté à mon frère aîné quand j'étais gamin, Cette île mystérieuse ne me quittera jamais. L'île de mon frère non plus, même si elle repose aujourd'hui au fond des eaux. 

You were a rock, You were an Island.


vendredi 22 janvier 2021

13 + 1 raisons pour étudier en bande dessinée à l'ÉMI/UQO

1. Le programme existe depuis 1999.

2. Différentes possibilités de format : baccalauréat, baccalauréat avec majeure et mineure, certificat, maîtrise-création et doctorat.

3. Une équipe professorale professionnelle : Mario Beaulac, Paul Roux, Marc Tessier, Zviane, Michel Hellman, Myriam Roy et Michel Viau.

4. Nos diplômés ont publié chez tous les éditeurs québécois ou presque : La Pastèque, Pow Pow, Glénat, Mécanique générale, Front Froid, Moëlle graphique, Premières lignes, Lounak, Trip, Perro, Presses aventures, Michel Quentin. Et en Europe : Futuropolis, Delcourt, Casterman (Jungle), Dupuis (Spirou) et Soleil (Lnafeust Mag). 

5. Nos diplômés travaillent ou ont travaillé dans l'animation et le jeu vidéo : Ubisoft, Sarbakan, Frima, Warner Bros, Bluberi gaming, Spearhead games, Volta, Red Barrels, Wendigo studio, Genia, Beenox et Trapdoor.

6. Nos diplômés ont remporté de nombreux prix et ont souvent été mis en nomination : Shuster Awards Dragon, Shuster awards web comics, Prix Yvette-Lapointe, Prix BD des collégiens, Prix des libraires, Prix Marc-Olivier-Lavertu, Prix Réal-Fillion, Prix Jacques-Hurtubise, Bédélys Québec, Bédélys indépendant, Prix Mélèze, CALQ oeuvre de l'année en Outaouais, Prix ACBD Québec, Prix Aurore-Boréal, etc.

7. Un programme qui est bien ancré dans le milieu : l'ÉMI a reçu le Prix Albert-Chartier de Québec BD en 2010 et moi-même, j'ai reçu le Prix d'excellence des professeurs pour l'implication dans le milieu de l'UQO en 2019.

8. Nous avons des ententes pour des échanges avec St-Luc-Bruxelles et l'École de communication visuelle de Bordeaux. Nous travaillons en ce moment sur un projet avec l'Université Bordeaux-Montaigne pour le deuxième cycle,

9. Possibilité de travailler sur une publication annuelle, Le Phylactère.  28 collectifs ont été publiés depuis les débuts du programme (Le Scribe, Plan B, Le Bunker et Phylactère).

10. Une bibliothèque qui regorge de bandes dessinée et qui abrite la Bédéthèque québécoise.

11. Possibilité de s'impliquer dans le Prix Marc-Olivier-Lavertu (depuis 2006) et le Rendez-vous de la bande dessinée de Gatineau (depuis 2000).

12. Possibilité d'organiser des voyages d'étude : New York (2002), Japon (2009 et 2013), Bruxelles (2016).

13. De nombreux conférenciers sont passés chez nous : Emil Ferris, Thierry Groensteen, Régis Loisel, Edmond Baudoin, Jean-Paul Eid, Julie Maroh, Jacques Samson, Jean-Louis Tripp, Julie Rocheleau, Gilles Chaillet, DeGieter, Jimmy Beaulieu, Michel Rabagliati, Chantal Montellier, Delaf et Dubuc, Derib, François Miville-Deschènes, Michel Giguère, Cathon, Axelle Lenoir, Bado, Philippe Girard, etc.

14. Et finalement, parce que nous avons décerné un doctorat honoris causa à Albert Chartier en 1999 ;-)


POUR INFORMATION ET INSCRIPTION : https://uqo.ca/emi/bande-dessinee

DATE LIMITE : PREMIER MARS


Et voici quelques publications récentes de diplôméEs pour terminer de vous convaincre : 









jeudi 31 décembre 2020

2020, l’année de ma bande dessinée !

 Difficile de trouver du positif pour cette année 2020, mais il y en a.

Au niveau personnel, je n'ai pas eu trop à me plaindre. On a traversé l'année en famille et en santé. Personne n'est décédé dans notre entourage et nous n'avons pas vraiment essuyé de pertes financières.

Mon plus grand regret ? Que ce sont mes enfants qui auront le plus écopé de la situation. Pas de saison pee-wee au hockey pour mon plus jeune et pas de Jeux du Canada au basketball pour mon plus vieux. Et en plus, une méchante dose d'émotions en moins pour moi qui ai l'habitude de vibrer à leurs exploits (grands et petits) depuis quelques années. 

Un retour au jeu pour mes garçons, c'est mon plus grand souhait pour 2021 !

Sinon, ma plus grosse déception de cette année, et ma plus grande crainte pour les prochaines années, c'est le déferlement des complotistes, anti-masques, anti-vaccins et autres pro-Trump qui me font perdre foi en l'humanité. Je remets les choses en perspectives et me dit que, finalement, la conseillère municipale de Gatineau qui croit que la Terre est plate, était un moindre mal. Au moins, elle n'était pas aussi dangereuse que ces gens qui, cette année, demandent la peine de mort, par tribunaux citoyens ou clandestins, pour ceux qui ont géré, avec leur lots d'erreurs. évidemment, cette pandémie. Je m'ennuie un peu d'elle. Sinon, reste à espérer que la pandémie servant de carburant à ces illuminés, leurs feux s'éteindront d'eux-même quand le fuel arrivera à manquer. Mais j'en doute. Ils ont tellement d'imagination qu'ils vont sûrement trouver d'autres occasions pour s'indigner et manifester leur piètre jugement.

Au niveau personnel, cette année aura été l'occasion pour moi de réaliser un très grand rêve : l'écriture, la réalisation et la diffusion de ma propre bande dessinée, Estaben et son papa. J'ai profité d'un exercice demandé par les Scouts pour écrire deux gags avec mon plus jeune. Comme il ne voulait pas dessiner ces deux planches et que j'ai l'habitude d'attendre des années après mes dessinateurs (Bonne année André et Jérôme), je me suis dit qu'il était temps pour moi de me lancer.

Un gag par jour. 150 gags. J'ai eu plus de souffle que j'imaginais au départ. Ce n'est pas tant la qualité ou l'amélioration du dessin qui m'importe dans ce projet (il est lisible, ça me suffit) que d'avoir pu développer des personnages et un univers sur une si grande période. Cela m'a permis d'affiner mes capacités de scénariste et de jouer avec les codes de la bande dessinée comme je l'ai toujours rêvé. Et un peu (beaucoup) d'auto-dérision, c'est bon pour le moral en cette année particulière. C'est surtout une façon d'écrire complètement différente de ce que j'ai déjà fait avec Pour en finir avec novembre (réédité en 2020) et Rouge avril (à paraître en 2021?).

Bref, je me suis amusé et pris soin de ma santé mentale avec ce projet. Et même si cela était avant tout thérapeutique, je suis très heureux d'avoir pu rassembler autour de mes personnages une communauté de lecteurs et lectrices qui m'ont alimenté toute l'année avec leurs commentaires.

Sinon, j'ai aussi profité de cette année pour terminer l'écriture d'un roman, Ce n'est pas la première fois que je meurs. Je suis, en ce moment, dans l'étape de la réécriture et j'espère avoir un manuscrit solide d'ici la fin de la session hivernale. Après le décès de mon frère, en août 2019, j'avais écrit un texte de 600 mots pour lire au salon funéraire. Par la suite, ce texte a continué de m'habiter parce que je sentais que je n'avais pas tout dit. J'en ai donc fait un texte romancé de plus de 30 000 mots. Ça parle de mon frère, de mon père, de la mort, de musique, de nos ancêtres, de Tintin, de Playboy, d'Arsène Lupin, de Michel Sardou, de Woodstock, de LSD et de mottons dans les patates pilées. Bref, un texte qui ne ressemble à rien.

Et en mai je terminerai ma vingt-deuxième année à l'UQO. Il m'en manquera encore quatre avant que je puisse dire que j'aurai joué aussi longtemps à l'université que Chris Chelios dans la Ligue Nationale.

Alors, au revoir 2020 ! Et au revoir surtout à ces artistes (du neuvième) qui ont marqué ma jeunesse ou que j'ai découvert récemment et qui ne verront pas la fin de cet épisode pandémique : Uderzo, Quino, Berck, Bretécher, Varenne, Vicomte, Corben Madaule, Hubert, Malik, Chéret, Taffin, Mort Drucker, Gimenez, Dennis O'Neil, Adamov, Erwin Drèze et Autheman. 

Bref, bonne année 2021 à tout le monde (ou presque) !






jeudi 26 novembre 2020

Non, l'Université n'est pas une business

Réponses données à mes étudiants déçus de payer le même montant en frais de scolarité pour une session en virtuel. Originalement publiés sur Facebook. 


Je comprends la perception. Mais. Les universités doivent payer leurs employés et leurs professeurs de la même façon qu'avant. Elles doivent parfois donner plus d'argent aux chargés de cours pour la transformation de leurs cours en ligne ou pour du temps de correction supplémentaire. Elles ont dû développer des formations et du soutien pour les enseignants. Elles ont dû investir dans des logiciels et des solutions informatiques. On a offert plus d'une centaine de licences Adobe pour nos étudiants à l'ÉMI. Ça coûte cher. Elles ont dû s'assurer que leurs employés possèdent tout le matériel nécessaire pour offrir leurs services (surtout aux étudiants) de la maison. J'ai donné plus d'heures aux auxiliaires pour le soutien aux étudiants. Et il y a énormément de coûts associés à la désinfection et aux équipements de protection. L'UQO ne va pas sortir plus riche de la pandémie. Au contraire. Je me suis toujours battu pour que l'université ne soit pas une business, mais un lieu de partage et de création du savoir. Et je vais continuer. Mais la pandémie nous oblige à transformer nos façons de faire pour le moment. Et je peux t'assurer que les étudiants sont au coeur de nos préoccupations et qu'ils le demeureront.


Ça me fait plaisir. Je comprends très bien la frustration que les étudiants peuvent ressentir. Mais ce qui se passe en ce moment, est justement le contraire d'une université qui se comporterait comme une entreprise. Une université, ce n'est pas du béton. C'est une communauté d'étudiants et de professeurs. Ce sont des rencontres, des transmissions d'informations et des débats. Ce qu'offre l'université en ce moment, c'est la même chose, mais différemment. En virtuel. Avec des coûts autres que d'habitude. Mais les rencontres entre étudiants et professeurs, les discussions, les recherches, tout cela existe toujours. Paradoxalement, c'est si l'université offrait un rabais pour la session en non-présentiel qu'elle se comporterait comme une entreprise, qu'elle répondrait aux demandes d'une clientèle. Tout est une question de perception. De mon côté, je sais que j'ai livré la même matière que d'habitude, mais je crois, d'une façon plus intéressante.

Tif et Tondu. Quand Tif s'envoyait en l'air

Dans le cadre de mon cours sur la bande dessinée : perspectives socio-historiques, nous abordons les cas de censure et de législation concernant la bande dessinée, notamment la Loi du 16 juillet 1949 en France et la création du Comic Code Authority en 1953 aux États-Unis.

Nous regardons aussi certains exemples de bandes dessinées américaines retouchées par des artistes français pour répondre aux critères des censeurs. 

Nous évoquons aussi quelques cas célèbres d'albums publiés en Belgique qui n'ont pu se vendre en France comme le Billy the kid de Lucky Luke (Billy, bébé, suçant un revolver) et Boule et Bill (cruauté envers les animaux parce qu'on donne du savon à manger au chien).

Tout cela se passe dans les années 1950 et 1960.

Mais il m'est revenu une anecdote de mon adolescence dernièrement et je ne retrouve rien sur le sujet. Je la partage ici.

En 1983 (j'ai 13 ans), je suis abonné à Spirou. J'y lis la nouvelle aventure de Tif et Tondu, Swastika, de Will et Desberg. Elle est publiée du numéro 2339 (10 février) au numéro 2349 (21 avril).

Les héros poursuivent un groupe néo-nazi et un Hitler qui ne serait pas mort dans son bunker. Dans la jungle sud-américaine, ils y croisent une tribu d'Amazones. Comme il n'y a plus d'hommes, la tribu pourrait disparaître. Tif y séjournera quelques temps. Même si rien n'est dit et que rien n'est montré, la dernière case du récit est très éloquente.



À la fin de l'année, par contre, après avoir acheté l'album et avoir relu l'aventure, j'ai senti une légère différence avec la fin. Je suis donc retourné dans les pages de Spirou pour confronter mes souvenirs. J'avais bien raison. Will avait re-dessiné la dernière case.


Il était encore trop tôt pour des allusions à la sexualité des héros de bande dessinée. Mais cela a été publié dans un journal tout public alors que c'est dans l'album que la transformation a été effectuée.


Dans un prochain billet, nous regarderons le modèle économique mis en place par les éditeurs de bande dessinée franco-belges entre les années 1950 et 1990. Ils vendent d'abord une aventure dans le journal et la revendent ensuite en album. Ey comme si ce n'était pas assez, les invendus du journal sont aussi revendus en recueils. Et moi, j'achetais toutes les versions ;-)



jeudi 22 octobre 2020

Je suis d'accord avec le recteur de l'Université d'Ottawa

Enfin, sur un micropoint. Quand il dit :

«Les membres des groupes dominants n’ont tout simplement pas la légitimité pour décider ce qui constitue une microagression. »

Exactement, Je n'ai aucune compétence pour décider de ce qui constitue une microagression envers mes étudiants, surtout dans ma classe.

C'est pourquoi il existe un mécanisme pour traiter ce genre de plainte. Du moins à l'UQO.

L'étudiant doit d'abord discuter avec le professeur.

Si le problème persiste, l'étudiant doit communiquer avec le délégué de cours qui, à son tour, va rencontrer le professeur,

Si cela ne fonctionne toujours pas, le délégué de cours peut rencontrer la direction du département.

L'étudiant peut toujours être accompagné, à  tout moment, d'un représentant de l'Association étudiante.

La plainte peut, par la suite, aller plus haut, vers la direction de l'Université. 

Enfin, plusieurs endroits où on peut régler le problème, s'excuser, se défendre, amener son point de vue, écouter le point de vue adverse, etc.

J'ai beau relire la procédure, je ne vois nulle part l'implication des médias sociaux et le dévoilement de l'adresse personnelle du professeur et de ses informations personnelles. Les menaces de destruction de mobilier ne s'y retrouvent pas non plus.

Visiblement, les choses sont différentes à l'Université d'Ottawa.